La France entre dans une zone de turbulences politiques. La présidentielle de 2027 approche, le gouvernement Lecornu gouverne en minorité, et le budget 2027 sera discuté en pleine campagne. C'est le contexte le plus incertain pour anticiper les évolutions fiscales depuis 2017.
Le contexte — pourquoi 2027 est une année à part
La France a finalement adopté le budget 2026 en février 2026, après que deux motions de censure ont échoué. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a obtenu le soutien des socialistes via des concessions ciblées. Pour le budget 2027, l'équation est encore plus complexe : réduire le déficit à 4,1 % du PIB comme Paris s'y est engagé auprès de Bruxelles, dans un contexte où les discussions budgétaires auront lieu en pleine campagne présidentielle. Bercy a confié une mission à l'IGF pour analyser les conséquences d'un recours à une loi spéciale si aucun budget n'est adopté dans les délais.
Le calendrier politique décisif
| Date | Événement | Impact patrimonial |
|---|---|---|
| Juin 2026 | Municipales | Signal politique sur les équilibres de 2027 |
| Septembre 2026 | Présentation PLF 2027 | Premières mesures fiscales annoncées |
| Octobre-novembre 2026 | Débats budgétaires | Amendements, négociations, 49.3 probable |
| Janvier 2027 | Entrée en vigueur du budget | Mesures applicables à vos revenus 2027 |
| Avril 2027 | Élection présidentielle | Réorientation fiscale selon le vainqueur |
Ce que le budget 2027 ne pourra probablement pas faire
Dans un contexte électoral, le budget 2027 sera avant tout un budget de stabilité. Peu probable : hausse d'impôts sur les ménages (suicide électoral), suppression de niches fiscales populaires (AV, PEA, PER), réforme structurelle des droits de succession (trop clivant, renvoyé à l'après-présidentielle). Le budget 2027 sera un budget de gestion, sans réformes structurelles majeures.
Ce qui est probable dans le budget 2027
Maintien de la surtaxe sur les grandes entreprises. Déficit maintenu autour de 5 % (les engagements envers Bruxelles seront difficiles à tenir). Reconduction des dispositifs existants : Denormandie, Loc'Avantages, PER, assurance-vie. Relance du débat sur les droits de succession pendant la campagne, sans issue législative avant les présidentielles.
Les 3 scénarios post-présidentielle 2027
| Scénario | Probable si... | Impact patrimonial attendu |
|---|---|---|
| Droite / Centre (Lecornu, Wauquiez...) | Sondages actuels favorables | Allègement succession, maintien niches, possible baisse IS PME |
| Gauche (PS, coalition) | Victoire surprise | Hausse fiscalité successorale, révision PFU, possible ISF-like |
| Extrême droite (RN) | Marine Le Pen ou successeur | Baisse TVA, hausse taxes grandes fortunes, imprévisible sur niches |
Ce que vous devriez faire maintenant
Maximiser les donations avant fin 2026 : le don familial exceptionnel (790 A bis) expire le 31/12/2026. Verrouiller les enveloppes fiscales : ouvrir un PEA et un PER avant fin 2026 prend date quelle que soit l'évolution future. Diversifier les enveloppes : assurance-vie, PEA, PER, immobilier, private equity — répartir son patrimoine sur plusieurs enveloppes réduit le risque fiscal d'une réforme ciblée. Ne pas surpondérer les niches à risque politique : certains dispositifs très coûteux pour l'État sont exposés à une remise en cause.
Ce qu'il faut retenir
Le budget 2027 sera un budget de gestion électorale. Ce qui changera réellement, c'est le programme fiscal du président élu en 2027 — et là, l'incertitude est totale. La meilleure protection contre cette incertitude n'est pas d'attendre de voir, mais de consolider maintenant, dans le cadre actuel, les dispositifs qui ont fait leurs preuves.
C'est exactement la logique d'un bilan patrimonial : structurer pour durer, quelle que soit la couleur politique du gouvernement.