2025 restera comme une année historique pour les métaux précieux. L'once d'or s'échangeait autour de 2 640 dollars en janvier 2025. En décembre, elle frôlait les 4 400 dollars — soit une hausse de près de 65 % en un an. L'argent a également connu une progression historique, dépassant brièvement les 54 dollars l'once en octobre 2025. Dans ce contexte, la question se pose : est-ce encore pertinent d'investir en 2026, et si oui, comment ?
Pourquoi l'or a autant progressé
Les banques centrales ont massivement acheté : la Chine, l'Inde, la Turquie et plusieurs banques centrales émergentes ont renforcé leurs réserves en or pour réduire leur dépendance au dollar. C'est un changement structurel, pas une tendance de court terme.
L'instabilité géopolitique : tensions au Moyen-Orient, guerre en Ukraine, incertitudes politiques mondiales — l'or joue son rôle de valeur refuge en période d'incertitude. La dépréciation des monnaies fiduciaires : dans un monde où les banques centrales ont massivement imprimé de l'argent depuis 2020, l'or conserve une attractivité structurelle comme réserve de valeur hors du système monétaire.
L'or en 2026 — est-ce encore le bon moment ?
Le scénario central des analystes pour 2026 est un maintien entre 4 400 et 4 600 dollars l'once, soutenu par les banques centrales et un dollar affaibli. Ce n'est pas le même momentum qu'en 2025, mais le fond structurel reste favorable. Le risque principal : si les taux d'intérêt remontent fortement, l'or — qui ne verse aucun coupon — perd de son attractivité relative face aux obligations. Avec la BCE à 2 % en 2026 et une tendance à la baisse, ce risque est modéré.
Comment investir en or : les 3 modes
| Mode | Exemples | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Or physique | Lingots, pièces (Napoléon, Krugerrand) | Pas de risque de contrepartie, tangible | Stockage, sécurité, spread achat/vente |
| Or papier (ETF) | ETF Gold, SPDR | Liquidité, frais faibles (0,1-0,4 %), divisibilité | Risque de contrepartie, pas de détention physique |
| Actions minières | ETF minières, fonds spécialisés | Effet de levier sur le prix de l'or | Volatilité élevée, risques opérationnels |
La fiscalité de l'or en France
Option 1 — Taxe forfaitaire : 11,5 % sur le prix de vente brut. Simple, mais défavorable si la plus-value est faible.
Option 2 — Régime des plus-values : 36,2 % (19 % + 17,2 % de PS) sur la plus-value réelle, avec un abattement de 5 % par an au-delà de la 2e année de détention. L'exonération totale est atteinte après 22 ans de détention. Règle pratique : conservez toujours vos justificatifs d'achat pour pouvoir opter pour le régime des plus-values. Sans justificatif, seule la taxe forfaitaire est applicable.
Quelle place dans un patrimoine ?
L'or est décorrélé des marchés classiques et apporte une certaine diversification — au prix d'une forte volatilité. Un maximum de 5 à 10 % des actifs investis en métaux précieux est généralement préconisé. L'or n'est pas un investissement de rendement — il ne verse aucun coupon ni dividende. C'est un actif de protection : il brille quand tout le reste souffre. Dans une allocation patrimoniale équilibrée, c'est un amortisseur, pas un moteur.
Ce qu'il faut retenir
L'or a prouvé en 2025 sa capacité à performer dans les phases d'incertitude. En 2026, le contexte reste favorable mais le potentiel de hausse est moins évident qu'il y a un an. La question n'est pas 'faut-il acheter de l'or ?' mais 'quelle place lui accorder dans mon allocation, sous quelle forme, et avec quelle fiscalité ?'
C'est ce type d'arbitrage qu'on analyse ensemble lors d'un bilan patrimonial.